HĂ©patite C

Structure du virus

Le virus de l’hépatite C (VHC) est un virus à ARN de la famille des Flavivirus. Il y a beaucoup de variation dans le génome du VHC et on a identifié plusieurs (génotypes) différentes de VHC. Chez un patient infecté par un même génotype, la population virale est aussi hétérogène (quasi-espèces). Probablement en raison de cette diversité génétique, VHC réussit à déjouer la surveillance immunitaire de l’hôte, a un haut taux de chronicité, échappe souvent au traitement et rend le développement d’un vaccin difficile.

Tableau clinique et Ă©volution

L’infection aiguë par le VHC est asymptomatique et anictérique dans la majorité des cas (65-75%). L’hépatite fulminante lors d’une infection par le VHC est très rare (beaucoup plus rare qu’avec le VHA et VHB). Cependant, 85% des patients évoluent vers une infection chronique. Le plus souvent, les porteurs chroniques du VHC sont asymptomatiques, mais ont des anomalies discrètes des transaminases qui amènent au diagnostic. La progression de la maladie est très variable, mais on estime que 20 à 30% des patients ont une cirrhose après 20 ans d’évolution.

La cirrhose causée par le VHC est l’une des indications les plus fréquentes de transplantation du foie en Amérique du Nord. L’infection chronique par le VHC est associée à un risque accru de carcinome hépatocellulaire. Une fois la cirrhose établie, le taux de cancer du foie est de 1-4% par année. Le VHC cause parfois des manifestations extra-hépatiques de nature immunologique (cryoglobulinémie, glomérulonéphrite, lichen plan, Sjögren, arthrite) et est un facteur précipitant de porphyrie cutanée tardive.

Diagnostic

Le diagnostic d’une hépatite C chronique est établi sur la base d’un test anti-VHC positif associé à une élévation persistante des transaminases ou une évidence histologique d’hépatite chronique. Chez la plupart des patients avec hépatite C chronique, on peut aussi détecter l’ARN du VHC par des méthodes d’amplification génique (PCR); cependant dans la majorité des cas on peut établir le diagnostic sans y avoir recours. L’évaluation initiale devrait comprendre des mesures répétées des transaminases (ex. : à toutes les 4-6 semaines pendant 6 mois). Si les transaminases sont anormales (même légèrement), on devrait offrir un traitement au patient en lui expliquant les résultats escomptés et les effets secondaires du traitement.

Traitement

L’interféron est le seul traitement ayant une efficacité bien démontrée. L’interféron alpha-2b est celui qui a été le mieux étudié, mais d’autres formes d’interféron ont été utilisées et semblent avoir une efficacité similaire. Une réponse favorable au traitement est définie par la normalisation des transaminases et la négativation de l’ARN-VHC 6 mois après l’arrêt du traitement (réponse soutenue). Un traitement à l’interféron à une dose de 3 millions d’unités s.c. trois fois par semaine pendant 12 mois produit une réponse soutenue dans 20-30% des cas.

Les patients chez qui il n’y a pas normalisation des transaminases et négativation de l’ARN-VHC après 2 ou 3 mois de traitement ont très peu de chance d’avoir une réponse soutenue et le traitement devrait être interrompu. On ne recommande pas le traitement chez les porteurs du VHC avec transaminases normales, et chez ceux avec cirrhose sévère. La plupart des patient traités ont des effets secondaires significatifs; ceux-ci nécessitent l’arrêt prématuré de l’interféron dans 10% des cas. Des études récentes démontrent qu’un traitement combiné interféron-ribavirine pendant 6 mois produit une réponse soutenue dans 40-50% des cas.

Chez les patients présentant une rechute à la suite d’un traitement par interféron seul, l’association interféron-ribavirine démontre également une efficacité d’environ 50%. Une autre façon d’améliorer l’efficacité du traitement est d’utiliser des doses d’interféron plus élevés lors de l’induction du traitement (pendant les 4 ou 8 premières semaines). Enfin, des médicaments inhibant les enzymes spéficiques au VHC (anti-protéases ou anti-hélicases) sont en cours de développement.

ÉpidĂ©miologie et prĂ©vention La transmission du VHC est essentiellement parentĂ©rale (transfusions avant 1989-91, utilisation de drogues injectables, etc.). La transmission sexuelle du VHC est faible (0 – 4% selon les sĂ©ries). Chez les couples stables, un test anti-VHC devrait ĂŞtre offert au conjoint, et on ne recommande l’utillisation du condom qu’au moment des menstruations dans le cas des femmes porteuses du VHC. La transmission verticale mère-enfant a Ă©tĂ© documentĂ©, mais on estime que le risque est de l’ordre de 6% ou moins. Les donnĂ©es concernant le risque reliĂ© Ă  l’allaitement maternel sont insuffisantes pour Ă©tablir

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